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N°15 : M. Maurice Gloton à l’honneur

     Au mois de mars 2012 s’est tenu à Murcie, ville natale d’Ibn Arabî, un « International Ibn Arabî film Festival ». Mme Cecilia Twinch rapporte qu’à cette occasion le « Prix Barzakh » (?) a été attribué à Mme Beyhan Murphy pour son ballet « inspiré par Ibn Arabî », et que ce ballet était « spectacular in every sense ». M. Abbas Kiarostami, cinéaste iranien de renom, a honoré le festival de sa présence.

     Mme Twinch rend aussi hommage à l’actrice Juliette Binoche (qui a travaillé sous la direction de M. Kiarostami) pour avoir, l’année précédente, inauguré à Paris le Printemps des Poètes en récitant dans le métro un poème du Cheikh al-Akbar, accompagnée au violoncelle par M. Mathieu Saglio ; Mme Binoche est déclarée, à son tour, « inspired by Ibn Arabî’s work ».

     Enfin Mme Twinch exprime son admiration pour « l’artiste américain Bill Viola » qui a réalisé, sur trois écrans plasma, une vidéo censée montrer comment les êtres devront un jour « quitter l’existence mortelle pour rejoindre le vide dont ils sont issus » (turn away from mortal existence and return to the emptiness from where they came). Cette œuvre qui s’intitule : Ocean without a shore (un Océan sans rivage) est désormais exposée en permanence à l’Académie des Beaux-Arts de Pennsylvanie. M. Michel Chodkiewicz n’a pas cru devoir protester.

     C’est dans le contexte du Festival International de Murcie, tout entier voué à l’amour, à l’art et à la beauté, que M. Stephen Hirtenstein, collaborateur éminent de la Muhy-d-dîn Ibn Arabî Society, et M. Maurice Gloton ont reçu un prix de traduction pour leur contribution à la diffusion de l’œuvre akbarienne en Occident. M. Hirtenstein a accepté son prix ; c’est son affaire. M. Gloton, présent à ses côtés, a accepté le sien ; ce n’est pas seulement son affaire, car il fut un disciple de Cheikh Mustafâ. Nous n’aurions pas cru possible que le fils d’un Maçon éminent avec qui René Guénon échangea une correspondance puisse perdre ses repères traditionnels et se rendre ridicule à ce point. Par ailleurs, nous avons de bonnes raisons de penser que ce prix lui a été attribué moins pour ses qualités de traducteur que pour les services qu’il a rendus jadis à la Ibn Arabî Society, inspiratrice du Festival. Nous avons l’intention, dans une prochaine étude, d’expliquer la nature exacte de ces services.


À propos d’une traduction du Livre des Haltes
par M. Max Giraud

     Les Éditions Albouraq ont entrepris la publication du Kitâb al-Mawâqif de l’Émir Abd al-Qâdir, dont le premier Tome a paru en 2011. Bien que cela n’ait pas été clairement précisé, il s’agirait d’une traduction intégrale du Livre des Haltes. La traduction, l’introduction et les notes sont de M. Max Giraud. Suite aux remarques critiques que nous avons formulées dans le chapitre XIV de L’Arbre de Lumière, des rumeurs ont circulé dont nous n’avons pu vérifier la teneur. À toutes fins utiles, nous tenons à faire les mises au point suivantes :

         1°/ Nul ne souhaite davantage que nous la réussite de ce projet. M. Giraud a toute la compétence nécessaire pour traduire et commenter cette oeuvre. Les réserves que nous avons pu exprimer ne concernent pas le traducteur, mais l’éditeur. Les Mawâqif sont une œuvre monumentale. Il serait excessif de qualifier le Tome 1 de « fascicule », mais il n’y a vraiment aucune commune mesure entre cette première livraison et la dimension imposante de l’ouvrage. À la cadence retenue, il faudra au bas mot une vingtaine de volumes de la taille de celui qui a paru. Le flou de la présentation, l’absence de déclaration nette sur les intentions de l’éditeur et celle, plus regrettable encore, d’un plan d’ensemble normalement requis pour une publication de ce type suscitent inévitablement des inquiétudes.

         2°/ Nous nous réjouissons en particulier de la traduction nouvelle qui a été donnée des poèmes qui figurent en tête de l’ouvrage. M. Giraud a tiré profit de sources auxquelles nous n’avons pas eu accès, ce qui lui a permis d’effectuer quelques corrections dont la pertinence est évidente. Nous envisageons donc nous-même une édition nouvelle de ces vers admirables, qui prendrait en compte l’apport de M. Giraud ; même si, en l’absence d’une édition critique (dont la parution demeure hautement improbable) on ne peut toujours pas s’appuyer sur une version définitive. Cependant, il faudra que les amis et lecteurs du Turban Noir prennent patience, car nous avons d’autres, beaucoup d’autres priorités.

         3°/ Une réaction éventuelle de M. Giraud aux remarques que nous avons formulées dans L’Arbre de Lumière serait très bienvenue. M. Giraud étant un homme intelligent, nous ne voyons pas en quoi il pourrait s’opposer à la doctrine que nous avons exposée.

A. R. Y.