N°34 : Une nouvelle parution

    En 2008, les Éditions Sagesse et Tradition publiaient à Bamako : Le Livre du Nom de Majesté : “Allâh”. Ce traité d’Ibn Arabî traduit de l’arabe et commenté par Michel Vâlsan (Cheikh Mustafâ Abd al-‘Azîz), paru initialement aux Études Traditionnelles,  était d’une importance majeure [1] et n’avait pas été republié depuis 1948.

   Douze ans après, une nouvelle édition, vient de paraître aux Éditions L’Île Verte en partenariat avec Science sacrée. Le texte arabe y est publié intégralement, ce qui est le principal apport de cette publication ainsi que le fait d’avoir « tenu compte, pour l’édition du texte français, des corrections manuscrites de Michel Vâlsan reportées sur ses propres exemplaires des Études Traditionnelles » [2].

   Cependant, la quatrième de couverture, qui relève de la responsabilité de l’éditeur, est pour le moins incohérente : « Parmi ses écrits, qui se chiffrent par centaines, l’ouvrage majeur et bien connu est celui intitulé al-Futûḥât al-Makkiyyah, Les Ouvertures mekkoises, ouvrage encyclopédique [sic] constituant la somme synthétique de l’enseignement du Cheikh al-Akbar.» Ce passage nous rappelle étrangement le dernier ouvrage de M. Abd Allâh Penot, Les cinq piliers de l’islam, où il était également question des connaissances « réellement “encyclopédiques” » d’Ibn Arabî [3]. La mention de la Ibn ‘Arabî Society est d’ailleurs un autre point commun regrettable avec ce même ouvrage : « Nous remercions Mme Jane Clarck (Ibn ‘Arabî Society) qui a eu l’amabilité de nous transmettre une copie des divers manuscrits sur lesquels nous nous sommes appuyés pour l’établissement du texte arabe.» [4]

    Puisque nous en sommes aux remerciements, il est aussi fait référence à M. Muhammad Vâlsan, « qui a gracieusement remis une photocopie des documents au copiste ». Sa collaboration discrète à l’édition d’une traduction de son père, est cependant ternie par sa participation actuelle et active à travers des webinars [sic] à l’École du Sens qui se présente ainsi : « De la philosophie au coaching, de la psychologie aux Beaux-Arts, de la spiritualité au tango, du yoga au psychodrame, du leadership à l’astrologie ; l’École du Sens propose un enseignement issu de la sagesse des âges, afin d’aborder, enfin, la vie dans sa diversité, dans son ouverture sur le monde et dans tout ce qu’elle peut nous offrir d’épanouissant et de libérateur.»

    Le nom “Vâlsan” n’aurait pas dû et ne devrait plus être mêlé à un tel fourre-tout antitraditionnel.

Le Turban Noir

 


 

1. Dans la notice introductive (p. 9) à ce traité, Sidi Abd ar-Razzâq écrivait alors : « Ce texte, le premier que Cheikh Mustafâ a fait paraître dans cette revue, révèle l’envergure de notre maître au moment précis où, dans le numéro de Juillet-Août, Frithjof Schuon prend ses distances à l’égard de René Guénon (qui était toujours vivant) en publiant son étude sur les Mystères Christiques. C’est là une coïncidence providentielle qui marque le début du déclin de Schuon et un transfert d’autorité doctrinale en faveur de Michel Vâlsan.»

2. Cf. Notice introductive.

3. Voir le Bulletin n°32 : Le « grotesque » se confirme tout au long de l’ouvrage : après la mention (p. 9) des connaissances « réellement “encyclopédiques” » d’Ibn Arabî, l’adab devient un « savoir-vivre » (p. 63), la zakât, un « impôt religieux » (p. 117), la Station d’Arafa, « une méditation sur la clémence divine » et la rencontre d’Adam et Ève, un « mythe » (p. 146) !

4. Cf. Annexes p. 59.

Le Turban Noir Éditions